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 Après une dose massive de formaldéhyde

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MessageSujet: Après une dose massive de formaldéhyde    Mar 29 Juin - 13:26

    C'est prostré, les dents enfoncées dans le matelas blanc du lit de l'infirmerie qu'Ishtar demeurait, insensible à des mots qu'il était pourtant conditionné à suivre et à trouver rassurants. Le personnel infirmer évitait de l'approcher alors qu'il poignardait d'une main la fibre synthétique du matelas mouillé des larmes qui ruisselaient sur son visage. Spectacle pathétiquement silencieux. Même soumis à la docilité, les mauvaises passes étaient insoutenables surtout dans son état futile de rémission après une injection massive d'il ne savait plus quel formol. Il n'arrivait presque plus à ressentir la douleur mais cela ne l'empêchait d'être en état de faiblesse physique comme psychologique pendant que le liquide presque rabique traversait ses veines et montait sa température corporelle à des niveaux mortels pour qui n'avait pas enduré pire.

    Jaillit de sa bouche un pleur sonore rempli de dépit alors qu'il arrachait le drap en braillant de nouveau dans un silence morbide, seulement interrompu par des bruits de pas et des crayons graphites tachant du papier blanc où on croyait noter des réactions physiques au formol. Il haïssait sa propre docilité, son abandon, il haïssait que Katty soit morte et qu'Isana ne soit plus là pour jouer aux Barbie avec son parapluie à cocktail rose. Même dans le merdier où il était, magané et monstrueux comme ils l'avaient prédit, bête de foire présentée à l'armée dédaigneuse, il n'avait nulle part d'autre ou se cacher. Il vivait parce que lui il survivrait aux autres, c'était son orgueil personnel et unique sur cette île maudite.

    Il se calma graduellement en gardant son visage enfoncé dans le matelas, il dû tourner la tête pour fixer sa cape rouge terre qu'on amenait au lavage comme ses vêtements. Ses doigts resserrèrent et cachèrent dans un pli du matelas le parapluie à moitié détruit par l'âge. Il était choyé en général, si d'autres étaient constamment maltraités, on lui laissait un répit particulier, probablement parce qu'il était le seul survivant de la première cohorte qu'avait connu l'île. Une réussite qu'on perfectionnait à la longue: On ne le torturait plus seulement que par plaisir. Il était passé du stade 'cobaye utile'.

    Il lança le poignard avec le quel il avait ruiné le lit de soin au sol, puis se releva, d'un calme mortel, il prit sa fiche médicale pour remplir les effets ressentis par l'injection avant de la remettre à l'infirmer qui lui donna un uniforme ajusté à sa taille, un minuscule name tag portant le nom de « Docteur Nazarti – Bloc Opératoire» trônait juste au dessus des sous-vêtements propres. On lui pointa la douche et il entra avant de se laver à une eau glacée qui provoqua chez lui un apaisement qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Il entendit la porte se fermer sur le personnel infirmier ou s'ouvrir sur un inconnu.

    Tout juste sorti de la douche, il enfila l'uniforme qu'on lui faisait porter après ses traitements ou quand on avait besoin de lui dans ce légendaire bloc opératoire, en tant qu'infirmier ou médecin. Son regard tomba sur un miroir où il ne se reconnu pas, il n'arriva pas à sourire. Ses cheveux mal coupés lui donnaient un air de sauvageon ou encore d'acteur dans un film de guerre au moyen âge. Maintenant il fallait mélanger film du moyen âge et infirmier en 2010. Bel anachronisme... Médecin ou psychopathe?

    À l'affut, son regard trouva les trois caméras de la pièce qui suivaient ses mouvements depuis son arrivée grâce à la puce GPS qu'on avait implantée dans son cerveau, histoire qu'il ne se l'arrache pas chirurgicale-ment lui-même. Il nota une présence particulière qu'il avait prit soin d'ignorer en sortant de sous le jet d'eau glacé, ce n'était pas le personnel infirmier, ils avaient quitté la pièce de peur de le voir encore prompt à une crise violente... Sans pourtant croiser le regard de l'homme, il enfila ses chaussures d'un blanc maculé et stérile avant de dire en accrochant son épinglette sur la pochette de son sarrau de médecin, enfilant comme un vêtement une personnalité étonnante qu'on ne lui connaissait que peu. Sa voix claire remplit la pièce, douce et captivante:

    -Docteur Nazarti, sir, je peux vous aider?

    D'un geste lent, il appuya sur son sarrau où il sentit le poids rassurant de son second poignard qu'il gardait sur lui en permanence.


Dernière édition par Ishtar Nazarti le Jeu 26 Aoû - 1:13, édité 1 fois
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Ambrus Tavho

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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Ven 2 Juil - 19:21

    Silence. Un silence morbide régnait dans une pièce plongée dans la pénombre, la seule source minimale de lumière reste les éclairs engendrés par les écrans d'ordinateurs. Des doigts tapotaient d'une vitesse hallucinante sur les touches d'un des ordinateurs créant une sorte de cacophonie, rompant pendant des fractions de seconde le silence. Une paire de yeux fixaient inlassablement l'écran où chiffres et autres formules que les non-scientifiques n'auront point la possibilité de comprendre le sens. Cette page laisse ensuite place à une autre, qui représente une personne dans une autre pièce ressemblant à une cellule. Les tapages sur les touches s'estompent alors que la porte s'ouvre dans un grincement sinistre. Une silhouette entre à l'intérieur, allant directement se pencher devant la vision plaisante qu'offre l'écran. Ses yeux sombres et accentués avec un petit haussement de sourcil examinent ensuite un dossier accroché à un bureau dans un état assez organisé. Les lignes parcourut, donnèrent naissance à un sourire énigmatique. On a du mal à le qualifier de malsain ou d'autre vu le manque d'éclairage. Soudainement une voix s'élève rompant ainsi toute forme de silence.

    - Changez d'angle.

    Une petite phrase, un petit ordre et un spectacle que cette silhouette qui n'est autre qu'Ambrus regardait avec beaucoup d'attention. A première vue, on se demande ce que cet homme fait dans le complexe des scientifiques. Avec sa coupe de cheveux bissextile et sa tenue digne d'une star de punk, on se demande si cet homme ne s'est pas trompé d'endroit. La réponse est négative. Ce grand homme est incontestablement un scientifique, celui qui s'occupera de cette petite souris qu'il examinait depuis des semaines. Il observait ses réactions du aux injections mais ne l'a jamais rencontré. Pas encore. Pas avant aujourd'hui.
    Lâchant le dossier afin d'attraper une blouse blanche qu'il mit, la laissant déboutonnée et qui moule ses muscles saillants, Ambrus quitta la pièce en remportant le dossier de la souris qui n'est autre qu'un cobaye parmi tant d'autres.

    Ses grosses bottes résonnaient dans les couloirs alors que leur propriétaire s'avançait vers la cellule de l'homme précédemment observé via les caméras. Une petite entrevue avec ce cher médecin est bien appropriée pour le suivie de ses expériences. En plus, avoir affaire avec un homme qui connaissait parfaitement bien la science et la médecine, s'avérera intéressant, dans la mesure où la discussion risque d'être extrêmement enrichissante.
    D'un petit geste de sa main droite, il poussa la porte et entra. Le silence à nouveau. Mais cela ne le dérangeait point, au contraire. Le silence a été depuis toujours son ami le plus dévoué. Il aimait la tranquillité quand il travaillait écartant rapidement chaque source nuisible qui se représente. Humain ou autre.
    Nonchalamment, le trentenaire, prit place sur une chaise, d'une façon assez décontractée contrastant avec son statue de scientifique. Il attendit que le docteur termine sa petite toilette pour pouvoir s'entretenir avec lui. Pendant ce temps, il relisait les notes qu'il avait marqué depuis qu'il a été désigné pour s'occuper de cet homme. D'apparence fragile.
    Une voix. Douce et mélodieuse.
    Ambrus releva ses yeux sombres avant de les laisser reluquer l'homme. Ceci fait, il lui fait un petit geste de la main l'invitant à s'assoir devant lui et commença de sa voix grave.

    - Je suis ravi de vous rencontrer enfin docteur. Je me nomme Ambrus Tavho et je m'occuperai de vous.

    La petite allusion le fit sourire en coin. Toujours cette subtilité qui cache des provocations peut être poussées.
    Toujours avec la même lenteur, l'homme attrapa de ses longs doigts ornés de bagues un stylo, regardant toujours ce visage terne qui lui fait face.

    - Je sais que vous avez noté ce que vous avez ressenti après l'injection, cependant je voudrais bien, si c'est possible, de m'en parler directement. Histoire de compléter le dossier.


    Sa demande a été dite d'une manière qui laisse croire à une option loin d'être obligatoire. Erreur. C'était un ordre.
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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Mar 6 Juil - 15:01

    Ishtar suivit de son œil unique chacun des mouvements du nouvel intrus, il passa outre les premières analyses, soit celles physiques, pour planter son regard dans celui de son interlocuteur. L'espace d'un battement de cœur, il sentit une pression cohérente à la crainte s'insinuer en lui. Il s'agissait de ce genre de rencontre, simple et dénuée de mots mais qui pourtant gardaient une signification inoubliable. Dans l'esprit du blondin s'installa une idée simple, mais particulièrement désagréable: cet homme dangereux et tout simplement malsain était son nouveau scientifique attitré, le maître des tests faits sur lui...

    Il voyait en Ambrus, c'était bien le nom qu'il avait entendu, quelque chose de mauvais qui lui donnait la violente envie de s'éloigner le plus vite possible. Pourtant le visage de la victime demeura de marbre, son regard resta comme mort, imperceptible. Il se mit instinctivement sur ses défenses, lisant sans encombre tout les gestuelles de l'homme aux habits qu'il trouva, sous un nouveau regard, inappropriés pour son poste. Il se dégageait d'Ambrus une beauté et une force perceptible une forme de confiance en lui, s'il avait bien tourné, il aurait peut-être été quelqu'un de respectable... ailleurs que sur cette île. L'ancien médecin étudia l'homme devant lui dans un silence implacable, jamais même brisé par la respiration qui soulevait son torse. Celle-ci se faisait justement plus difficile depuis quelque minutes. Il tourna la tête légèrement sur le côté, comme un animal observant son prédateur, mais l'absence de peur, de tension dans ses mouvements rendait la scène dérangeante pour qui était observé.

    - Je suis ravi de vous rencontrer enfin docteur. Je me nomme Ambrus Tavho et je m'occuperai de vous. 

    Ce ne fut pas comme s'il n'avait pas noté la moquerie, si en arrivant il avait déjà frappé un scientifique pour cette blague, aujourd'hui il s'était assagi. Combien de fois avait-t-il entendu ce sarcasme tout simplement vulgaire? Il ne les comptait plus, l'ex chirurgien avait appris à ne plus réagir, à ne pas se sentir blessé et à demeurer d'un calme enrageant. Dévisageant toujours le scientifique, sans gêne ou encore de respect, il demeura debout, il n'avait jamais été grand, mais être grand n'était pas nécessaire pour son type de cobaye, savoir se faire petit et disparaître après avoir tué était ce qui se trouvait comme plus utile. Puis enfin, docile, sans le moindre mot, il prit la seconde chaise l'éloigna en signifiant qu'il préférait garder ses distances puis s'assit devant le scientifique.

    - Je sais que vous avez noté ce que vous avez ressenti après l'injection, cependant je voudrais bien, si c'est possible, de m'en parler directement. Histoire de compléter le dossier. 

    Le ton avait été autoritaire, passable à un ordre. Ce genre de ton qu'il s'était lui-même forcé à suivre sans la moindre résistance malgré des ulcères mentaux qui lui en poussaient. C'était ce genre de ton qui l'avait guidé à tuer pour la première fois sur cette île. Ce n'était pas comme s'il avait une moindre défense dans cet endroit détestable, surtout face à un malade qui lui injecterait des sérums faits à partir d'un bon restant de laboratoire bien garni. Non en fait même là, il n'avait jamais reçu un test aussi partiellement inutile, généralement ils avaient un but particulier, morbide mais particulier.

    -Tout ce que vous pouvez désirer savoir se trouve sur les papiers. Soit contamination du sang rapide étendue sur une trentaine de minutes, hyperthermie mortelle pour un humain normal à 48 degré Celsius, hyperventilation, fibrillations cardiaque, aptitudes décuplées, tel que les réflexes et la rapidité des mouvements sur le côté défensif mais aucune augmentation de la force physique qui reste faible. Reprise des états normaux après cinquante minutes. Fatigue chronique comme effet à plus long terme. Nouvelle arythmie à 140 battements minutes et chute drastique de la température près du seuil de l'hypothermie. Il prit un pause avant de continuer sur une question simple, froide et calme: Sur quel sujet tenez-vous à me voir développer mes informations?

    Il ne tenait pas particulièrement à parler à cet homme, mais son ton n'en laissa rien paraître, il ne s'en tenait qu'aux faits, qu'à ce qu'il s'était passé sans plus, sans aucune modification de la tonale, sans expression. Il venait de dire exactement ce qu'il avait écrit sans aucun oubli notable. Si l'homme devant lui l'avait observé, il questionnerait la crise l'ayant secoué plus tôt, première crise publique qui le prenait depuis son arrivée sur l'île.


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Ambrus Tavho

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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Sam 17 Juil - 17:40

    La crainte. Cette sensation de peur à en vouloir s'échapper si l'occasion se présente. De s'enfuir si loin, ne plus jamais revoir un visage qui nous fait perdre toute confiance. La peur. Le fait de sentir son propre organe de vie battre si fort qu'on a l'impression de faire un arrêt cardiaque à un moment ou un autre. Déglutissant, la sueur qui parle tout au long du front, le regard fuyant comme cherchant un moyen de s'en sortir, un moyen qui n'existe point ... Combien de fois a t-il remarqué cet état de crainte qui anime ses interlocuteurs? Innombrables.
    Ambrus ne savait réellement pas la raison pour laquelle il inspirait la crainte dans ses vis à vis. Était ce sa façon d'être, son apparence anarchiste ou tout simplement l'aura qui s'échappait de sa personne? Certes il s'était maintes fois posé la question, cherchant ce qu'il y a en lui d'aussi ... désagréable?
    Un petit haussement de sourcil percé fut sa toute première réaction face à cet homme qui sans surprise le regardait avec ce regard tout aussi vide que craintif. Ce regard qu'il a maintes fois croisé et ne le commenta point. Pourquoi donc? Surtout que "pour le moment" il restait bien tranquille et surtout professionnel.

    Bien entendu il y avait des insinuations assez ... flagrantes dans ses propos, mais cela représentait il un quelconque semblant de mauvaise foi? Absolument pas! Même si le scientifique affectionnait particulièrement la douleur en étant de nature sadique, il voulait aussi jouer avec ses victimes. Avec ses patients. Pour son petit plaisir personnel.
    Et ça sera un mensonge de dire qu'il n'apprécie pas cette crainte, non, il aime se faire craindre et respecté de tous. Et ce docteur ne sera point une exception.

    Restant bien assit et décontracté, Ambrus fixait sa victime avec un petit sourire en coin. Il l'écoutait avec concentration, mémorisant tous ces dires, les imprimant dans sa tète. Mais il se focalisa aussi sur le ton utilisé. Aussi indifférent et terne tout comme ce visage qu'il appréciait déjà. Il y avait toute la souffrance accumulée dans ces traits fins témoignant les années de tortures et de peine. Une sorte de chatouillement dans son ventre fit son entrée en imaginant la douleur qu'avait du sentir cet être. Seigneur comme il aimait ce qu'il voyait!

    Laissant l'homme continuer sa tirade, il hocha la tète d'un petit signe positif et releva sa tète dans un air purement hautain.

    - C'est ce que vous avez noté dans le dossier en effet. Et ce n'était point ce que je suis venu chercher, fatalement.

    Il esquissa un petit sourire alors que ses yeux quittèrent leur contemplation pour se vagabonder dans la petite cellule. Il remarqua les murs blancs tâchés avec quelques goutes de couleur vermeil virant vers le noir. Pas besoin d'être intelligent pour comprendre la provenance de ses goutes. Mais peu importe, ce n'était pas ce qu'il est venu chercher en tout cas.
    Reposant ses yeux sur l'homme, il se racla la gorge et cilla d'une façon très lente. Sa voix : grave et posée s'éleva à nouveau dans la pièce.

    - Dites moi. Qu'est ce qu'un homme comme vous pourra ressentir après de tels traitements? Un docteur qui se voit lui-même devenir la proie d'autres scientifiques ... C'est tellement ironique.


    Moqueur. Il l'est et ne se cache pas. Mais que cherche t-il à provoquer le docteur? Nul ne peut le savoir. Ambrus était un mystère. Mais pas pour lui non. Il ne faisait rien et ne disait rien pour rien. Chaque mot murmuré, chaque geste effectué avait une raison. Une raison pas toujours anodine.

    - J'ai lu dans les dossiers que vous étiez un excellent cobaye, dans la mesure où vous avez de la résistance et vous coopérerez ... Pourquoi donc docteur?


    Oui il est cru dans les mots qu'il utilise. Pourquoi donc tourner autour du pot lors qu'on a les moyens de dire les choses d'une façon explicite?
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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Mer 21 Juil - 5:12

    Les regard d'Ishtar s'assombri d'un coup, le tact avec le quel il prit le soin d'ignorer tout les mots de Tavho fut suivit d'une série de mouvement plus utiles que de répondre aux questions purement sarcastiques: Il baissa le collet haut de l'uniforme d'infirmier, tassant d'un mouvement habitué son sarrau alors que ses cheveux coulaient avec une surprenante fluidité le long de sa gorge où une large cicatrice peignait sa peau foncée, prenant naissance derrière son oreille pour suivre un mince tracé jusqu'à sa pomme d'Adam. Alors qu'il tâtait une nouvelle fois son pouls, les yeux à moitiés fermés pendant que ses deux doigts trouvaient ce frémissement, ce mouvement subtile mais d'une importance vasculaire incomparable, son regard se posa sur la vieille horloge juste au dessus du lit. Retour parfait à la normale, pas que cela ne le surprenait vraiment.

    Ayant passé un nouveau test facultatif pour les papiers, le trentenaire se rassit devant l'homme et le toisa sans la moindre pudeur, analysant tout ses mouvements, apprenant à connaître son nouveau scientifique attitré en y voyant le stricte nécessaire; ce qu'il aurait besoin de savoir. Le sentiment de terreur qu'il avait éprouvé s'était dissipé en sentiment de danger qui le poussait à être sur ses gardes, prêt à fuir au moindre instant, car il allait de soit que de tuer un scientifique serait problématique. Mais cela ne rendrait-t-il pas justice au trois autres scientifiques qu'il avait pris un certain plaisir à égorger? Mais par la suite, les problèmes, les conditionnements verbaux... Il pesa le pour et le contre puis s'interrompit lui-même. Ambrus Tavho avait lu son dossier, il venait de lui faire une injection particulièrement éprouvante d'un produit dont il ignorait les véritables origines. Ce même homme se tenait seul devant quelqu'un de connu comme particulièrement dangereux, un meurtrier qui aurait tué de sang froid jusqu'à sa propre famille et il le provoquait sans questionnement. Contre.

    Le visage du blondin tourna de l'autre côté, Ambrus Tavho avait le potentiel sadique et provocateur. Ce n'était pas particulièrement rare, la majorité des scientifiques étaient dérangés dans cet établissement qui n'était autre qu'un côté plus sombre de leur nature. Il lui donna un âge proche du sien, il était agaçant, hautain de sa voix, peut-être condescendent. Son manque de professionnalisme vestimentaire poussait Ishtar à se questionner sur une nature plus éclectique. En fait l'île n'était pas comme un hôpital, veston et cravate n'étaient pas les crus de tout les jours. Vif et intelligent, Ambrus par son ton hautain lui donnait de quoi croire qu'il avait ce complexe de supériorité. En gros cette île était le paradis pour ce genre d'homme avec des vues de domination.

    Enfin, après de nombreuses minutes à fixer, à passer pour une personne lente d'esprit, comme s'il lui aurait fallu autant de temps pour répondre à une question aussi vulgairement facile à comprendre, sa voix s'éleva, toujours aussi plate et froide, mais tenant un élégant mélange de musicalité, son ton se fit doux alors qu'il répondit:

    -Monsieur Tavho, vous êtes un curieux personnage.

    Il regarda de nouveau l'horloge, comparable à un adolescent désirant plus que jamais quitter sa salle de cours. Son visage passablement figé dans une expression calme comme dans dans le temps, ses yeux normalement chauds étaient glaciaux.

    -Vous anticipez ces réponses avec un plaisir qui vous est propre. Dire que je n'ai pas déjà entendu ces remarques serait mentir. Que croyez-vous que je vais vous répondre, monsieur Tavho?

    Il s'agissait de l'instant où certaines personnes insultées explosaient de rage en se vidant le cœur. Ce ne fut pas le cas d'Ishtar qui demeura calmement assis, installant par là un silence presque morbide dans la pièce où seules leur respirations communes entravaient le bruit du vide ponctué par le tic toc de l'horloge de plastique craquelé. Le visage du blond devint doux alors qu'une légère contraction étira ses lèvres en un sourire, lui faisant revêtir l'espace d'un instant une beauté teintée de chaleur.

    -Monsieur Tavho, que voulez-vous me voir répondre?


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Ambrus Tavho

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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Mer 25 Aoû - 21:50

    -Monsieur Tavho, vous êtes un curieux personnage.

    Ce n'était pas forcément ce à quoi Ambrus s'attendait. A vrai dire, il ne s'attendait pas à quelque chose de bien précis avec cet homme. Même s'il a lu son dossier et l'a longuement étudié en se tenant derrière des vitres, le scientifique ne pouvait pas anticiper les réactions de son vis à vis. Et c'est ce qui explique son insistance de venir s'entretenir avec lui dans l'immédiat. Chaque réaction, chaque expression, il l'observait. Cherchant à comprendre de quel genre d'individu pouvait être ce docteur qui s'est laissé détruire après la mort de sa famille.
    Famille ... ce mot lui semble si étranger tout d'un coup. Lui, qui a longuement chéri la sienne, le voici totalement stoïque face à la douleur que cet homme avait du sentir.

    Face au mutisme de son interlocuteur ainsi que son visage impassible, Ambrus ne faisait rien pour le brusquer ou se montrer agressif au contraire, il restait fidèle à sa froideur même si son sourire énigmatique ne disparaissait pas de sa bouche. Il n'y avait que ses yeux qui circulaient dans la pièce avant de se poser sur la silhouette maigrichonne, regardant ensuite son propriétaire se demandant intérieurement ce qu'il pouvait bien penser de tout cela.
    Il ne formula pas sa question à haute voix, il se contentait d'attendre une réponse concrète à la sienne, chose qui vint après de longues minutes à attendre. Une réponse qui le poussa à froncer les sourcils avant de hausser l'un d'eux et soupirer.

    Dieu, comme ce genre de réponse l'agace. Il n'appréciait pas vraiment qu'on joue au philosophe avec lui. D'ailleurs, il n'a jamais aimé cette matière, il n'y avait pas mieux que la science et l'étude générale du corps humain dans toute sa splendeur.
    Le silence s'était installé, loin d'être nuisible au début néanmoins les minutes passaient et la victime restait muette avant de poser une question. Une question qui n'attendait pas forcément une réponse, le genre qui vous donne des idées de meurtres pour son non explicité. Mais, Ambrus n'en fit rien. Il resta dans le siège qu'il s'est attribué, regardant l'homme et tapotant calmement de ses doigts sur le dossier qui reposait tranquillement sur ses larges cuisses.

    - Ces remarques sont complètement vraies. La question que tu dois te poser est : est ce que c'est un bon point pour toi ou ... pas.

    Dire qu'Ishtar était un bon cobaye avait ses inconvénients : les expériences sur l'homme se doubleront pour l'unique et simple raison, que son corps est parfaitement résistant ce qui n'était pas forcément le cas de tous les humain que le directeur a invité. C'est peut être pour cette raison qu'Ambrus faisait preuve de patience avec lui. Il ne voulait pas le briser, n'ayant aucune envie de le voir mourir pour ensuite ne plus avoir un corps pour ses expériences.

    - N'essayes pas de tourner autour du pot en me laissant apercevoir ton "intelligence". Ce n'est pas cela qui m'intéresse et tu le sais parfaitement.

    Il a laissé tomber le vouvoiement et ça n'a rien à voir avec un potentiel respect : Ambrus ne respectait personne et n'avait de l'estime pour personne, sauf peut être celles qui se montrent productive ou ayant porté une évolution quelconque dans le domaine de la science. Cet homme ne faisait pas partie de cette catégorie, il était un pauvre docteur sans allié, jeté dans l'antre de la science, sans limite.
    Doucement il se redressa de son emplacement afin de s'approcher de la victime. Deux de ses doigts se posèrent doucement sous son menton alors que son corps se penche vers son visage afin de murmurer.

    - C'est ton corps qui m'intéresse pour mes recherches ce qui veut dire que tu es totalement sous mon commandement. Dorénavant, lors que je pose une question tu dois me répondre explicitement. Suis-je clair Ishtar?

    Doux? Il l'était. Mais une lueur animée de plusieurs intentions malsaines circulait dans ses prunelles claires mais pourtant si sombres. Sa main, ne lâchait pas immédiatement le visage de sa victime, comme si elle tentait de deviner la texture de sa peau, une habitude qu'il a apprit depuis qu'il a travaillé dans les pompes funèbres de son grand-père.

    - J'attends ta réponse, Ishtar.
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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Jeu 26 Aoû - 0:18

    -Ces remarques sont complètement vraies. La question que tu dois te poser est : est ce que c'est un bon point pour toi ou ... pas.

    Ishtar, fut parfaitement satisfait de la réponse, il apprécia l'agacement qu'il y discerna et la nota avec soin dans ce coin de son esprit contenant maintenant les chose à ne pas répéter avec Ambrus Tavho. Étudiant toujours chacun des traits de l'homme avec un soin immense, son cerveau enregistrait avec les capacités rapide de médecins mais aussi accrues par les premières expériences qu'il avait subies. Demeurant silencieux, il attendit, comprenant qu'un silence conviendrait parfaitement à leur relation. Que l'utile serait absolument tout ce qui leur conviendrait en fait. Il apprécia aussi ce fait. Pour l'instant il avait cerné les premiers traits de caractère d'Ambrus Tavho. Il avait par chance appuyé sur les bons boutons, l'avait fait réagir de la manière qu'il espérait et avait obtenu de lui l'information désirée; soit comment se tenir, comment agir, comment être le cobaye ajusté aux attentes du scientifique et comment rester en vie. Ambrus ordonnerait et Ishtar écouterait, répondrait toujours à ses questions avec un soin adapté à lui seulement.

    Restait ce mal-être profondément encré en lui marquant chaque fin de crise, ce sentiment si poignant et éphémère, qui lui donnait le goût amer et dégoûtant de bile suivant un vomissement et qu'il se prenait le soin de protéger, d'enfermer avec beaucoup de soin pour demeurer vide, ne plus avoir mal. Sa peur devant les traitements, l'envie de se débattre, ses tourments, son amour propre, sa noblesse d'âme, sa fierté, ses sentiments, son idéalisme, il les avait tous tués pour se protéger et survivre à des traitements infernaux, à même les aider à pratiquer leur tâche. Il avait commencé à faire des crises bipolaires à peu près au moment où il avait arrêté de ressentir ces choses, au moment ou il avait appris à trouver normal de se soumettre au moindre des ordres. Il était toujours insécure, convaincu qu'un danger le guêtrait ou qu'il soit et ça lui permettait encore de survivre. Il craignait pour s'adapter. Ce qui le qualifiait de spécial était qu'il était parfaitement conscient de son désordre mental et qu'il parvenait lui-même de force et de volonté à tuer ses crises. Pour l'instant, son après-crise se traduisait par une envie prenante d'envoyer promener Tavho ainsi que de le tuer, chose qui n'était pas l'idée du siècle.

    -N'essayes pas de tourner autour du pot en me laissant apercevoir ton "intelligence". Ce n'est pas cela qui m'intéresse et tu le sais parfaitement.

    Pour ça oui il le savait, il était l'équivalent de ce petit rat blanc sur le quel on testait un shampooing en lui enfonçant le savon dans la rétine avec une aiguille, pour avoir testé, c'était très désagréable. C'est donc avec une douce gestuelle du visage qu'il approuva ses dires, faisant bouger ses cheveux toujours aussi étrangement fluide le long d'un visage qui ne voulait plus rien dire, son regard resta planté dans celui d'Ambrus, détaillant encore et toujours l'ambiguïté de chacun de ses mouvements. Il devina enfin quelque chose d'imperceptible. Cet homme se contenait. Il serra ses lèvres en devinant à quel point il devrais faire attention au moindre de ses mots, au moindre de ses actes. Puis enfin quand il sentit les doigts sur son menton, la phrase s'imposa d'elle-même, celle qu'il avait déjà assimilée depuis quelques années. Il retint un frisson de dégoût puis avec un calme serein, détruisit ce qu'il restait de sa crise. Passant toujours pour un demeuré qui voulait se faire valoir par son silence, rendu incapable de hocher la tête alors qu'il observait Ambrus, il répondit, doucement lorsque celui-ci lui demanda l'affirmative:

    - J'attends ta réponse, Ishtar.

    -Je m'excuse de mon impolitesse précédente, monsieur Tavho.,Il se défit tout en douceur de sa main pour baisser la tête dans le but de lui faire comprendre qu'il s'excusait sincèrement: Je suis réellement désolé, monsieur Tavho, vous ne me reprendrez plus à m'adresser à vous de la sorte. Il va de soit que je répondrai à chacune de vos demandes et questions tel qu'exigé. Vous êtes parfaitement clair.

    Il releva son visage basané, parcouru celui de son scientifique attitré du regard en quête de réactions. Puis enfin répondit aux question qu'il avait entendues plus tôt avec un systématisme surprenant, son ton toujours aussi mort, sans crainte, sans rien, direct et explicite, il n'embellit ses phrases d'aucune tournure, il ne tenait pas plus que ça à parler de sa personne. Aborder ses pensées et son état d'âme le rendait sensible et il ne savait le nier.

    -Après de tels traitements on comprend ce qu'il y a à comprendre. Les autres cobayes n'ont pas survécu pour plusieurs raisons, l'une d'elles était leur manque de docilité et de compréhension. Cette qualité qu'on me donne n'est due qu'au fait que je ne me laisserai pas mourir si je peux et si je sais comment survivre.

    Sa normalité était belle et simple. Il était normal que l'armée anglaise ait fait un appel d'offre pour lui... pour l'acheter. Il avait depuis longtemps accepté le fait qu'il avait perdu tout statut, qu'il n'avait aucun droit. Être un objet était beaucoup plus facile. Il s'adaptait, suivait les ordres et tout allait bien. Il ne se faisait plus battre lorsqu'il dépassait le périmètre de l'île par erreur, mais réprimander en douceur parce qu'on savait qu'il ne fuirait jamais. Il était une vulgaire propriété de l'île et jusqu'à échéance des expérience d'Ambrus Tavho, il lui appartenais. Aussi simplement que ça. Une belle normalité.
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Ambrus Tavho

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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Jeu 16 Sep - 18:12

    C'était touchant de constater que la jeune victime pensait apercevoir ne serait ce qu'une petite partie du caractère d'Ambrus. Erreur, voire grave erreur. Cet homme était complexe, on peut point le comparer à un caméléon ni à un homme imprévisible qu'on anticipe ses réactions. Non, en étant une personne qui ne respecte ni moralité ni loi imposée par la société, le caractère d'Ambrus s'est métamorphosé, s'est complètement évolué, pas forcément du bon coté enfin ... ça dépend de l'angle de lequel on observe l'homme. Il pouvait être doux, tendre pour devenir ensuite une vraie bête sauvage en quête d'une âme à torturer. Il pouvait se montrer calme et agressif à la fois. Il était ainsi depuis une lurette et on pouvait point parler d'une personne totalement lunatique, il avait juste un caractère et une vision des choses plutôt intrigante voire même alambiquée.
    De son coté, Ambrus n'avait point tiré des conclusions hâtives concernant l'homme qui lui faisait face. Il le laissait agir à sa guise et savait, après avoir regardé le dossier, que malgré la coopération de cet être, une facette sombre habite son intérieur et il se languissait de l'apercevoir enfin. Mais il y avait une chose qu'Ambrus appréciait par dessus tout : la sincérité. Oui, c'est peut être insensé mais c'était bien le cas. Il trouvait que les personnes sincères ont une forte personnalité, celles qui disent ce qu'elle pensent haut et fort sans être obligé par passer pour des petites victimes alors qu'au fond elles ne sont que pourritures. Le scientifique lui était transparent de ce coté, il clamait haut ce qui l'énervait. Ce trait de caractère révèle t-il ce qu'il était vraiment? Absolument pas

    C'est donc avec nonchalance qu'il retira sa main qui visiblement agaçait l'autre. Ne supportait il pas n'importe quel contact physique? Soit! Le punk ne s'en formalisa pas et fera ce qu'il désirait : peu importe si on désapprouve, il aimait voir un profond agacement sur le visage d'autrui.

    Sans un mot et en croisant ses bras sur son large torse, il réceptionna les réponses de l'autre qui étaient précédées par ... une excuse.
    Ce simple mot de justification fit naitre un petit sourire au coin de sa bouche percée. Ah l'être humain comme il était si ... académique et barbant. C'était absolument les mots appropriés dans une situation similaire à la leur mais au fond, il voyait l'homme réagir autrement. Voila ce qui évoque davantage sa curiosité à comprendre la raison de ce changement subite.
    Toujours en l'observant il hocha la tète pour dire oui et écouta ses impressions. Les mots d'Ishtar étaient tout à fait véridiques. Les autres cobayes avaient du mal des fois à digérer l'intensité des doses médicales et des fois elles meurent au bout de quelques jours. Ce n'était point le cas d'Ishtar, il était résistant et le scientifique savait qu'il y avait quelque chose derrière ceci. Oui, tout se passait dans sa tète mais il y avait fortement un plan ou un truc du genre : voila pourquoi cet homme intéressait Ambrus.

    - Excellent. Te voila raisonnable maintenant mais ...

    Avec fermeté, il lui fit relever le visage vers le sien, le sondant de ses deux billes sombres et soudainement pénétrantes. Il ne tenait point de lire dans son âme, ce jour là arrivera. Le temps était des fois le meilleur ami de l'homme.

    - J'arriverai à comprendre Ishtar. On a largement le temps pour cela.

    Ses paroles étaient un peu ésotériques mais c'était fait exprès. Ishtar arriverait il à traduire ses mots? C'était à savoir.
    Toujours avec fermeté et un soupçon de douceur, il le conduit vers le lit où il le fit assoir pour prendre ensuite place à ses cotés. Examinant de près son visage irrité qui augmenta la beauté physique de sa victime. On pouvait remarquer son endurance à travers ses traits et surtout ses réactions. Il était devenu docile et ça, cachait bien des choses.

    - As tu envie de sortir faire un tour? Je te commanderai quelque chose à manger.

    Doucement, Ambrus se redressa et se dirigea vers la porte, un air aimable sur le visage.

    - Un infirmier viendra te conduire dans la cour des locaux. J'y serai.

    Il lui fit ensuite un léger clin d'oeil et quitta la chambre afin de se diriger vers son bureau et d'ôter sa blouse. Il s'était transformé en une personne souriante. Pourquoi et comment?
    C'était son coté imprévisible.
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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    Mer 10 Nov - 23:35

    D'une contrition qui avait souvent étonnée les scientifiques, Ishtar savait outre mesure s'excuser, il reconnaissait des erreurs irrationnelles des quelles un humain normal aurait dévié. Il ne se justifiait plus en demandant le pardon, se contentant de donner raison à la personne qui, devant lui, se croyait maître. Il s'agissait d'une technique qui nécessitait un incroyable contrôle de soi et une absence totale d'amour propre. De nouveau les doigts d'Ambrus, des doigts qui n'avaient pas connu la difficulté qu'ils avaient pourtant dû faire subir, lui firent lever son visage doux malgré les balafres. La prise était ferme même s'il n'essaya pas de s'en défaire, aussi ferme que son regard pénétrant qui ne voyait rien de ce qu'était Ishtar. Le cobaye demeura terne et vide. Il avait atteint le stade du résultat.

    Si l'approbation et le pardon devant son excuse avait été déclarée plus tôt avec une satisfaction aux origines douteuses chez Tavho, l'ambigüité de la dernière phrase le mit mal à l'aise. Il ne dévia pas son regarde de celui du scientifique, puis d'un mouvement léger, se permit de repousser sa main du dos de la sienne, aussi ferme était l'emprise ce celle-ci, aussi douce était la pression calculée avec laquelle il la fit reculer. C'est sans défi aucun qu'Ishtar déclara:

    -Et comment comptez-vous savoir?

    Savoir quoi en fait? En se fiant à l'expression dure qui en aurait fait trembler autrement d'autre que lui, il ne pouvait que lire qu'encore une fois, il jouait encore les cas curieux, il était le survivant après tout… Pourquoi lui était-t-il vivant? Quelle force le poussait à survivre pendant que d'autres se seraient suicidés il y aurait longtemps de cela? Une perte de concentration courte fit résonner un rire dans son esprit, la mémoire d'un sourire, un mouvement large, du papier mal peinturé de rose, une note de piano tout juste bien appuyée. Même quand on détruisait quelqu'un, on ne pouvait lui enlever ce qu'il était et même en étant rien, Ishtar se battait à tous les instants de sa vie pour survivre. Ce n'était pas comme s'il aurait un endroit où aller en fuyant l'île, partir et vivre ne lui rendraient pas ce qu'il avait déjà eu de précieux. Étrangement éclairé sur ce fait, il ne survivait pas en fait de ces futilités. Mourir aurait autrement été plus simple pour rejoindre ses proches.

    La proposition le sortit de ses pensées boueuses et liantes, il ne dévia pas son regard mort d'Ambrus, il le regardait sans en fait le voir. Il se releva en sentant presque ses os craquer au mouvement, il se demanda avec sincérité la vrai nature du sérum que le scientifique avait injecté dans ses veines mais ne questionna pas. Il se rendit au lit, irrité de la nouvelle proximité que l'homme lui imposait en ramenant sa main à son visage. Il sentit l'étude en cours et repoussa encore la main du dos de la sienne.

    -Je verrai à ne pas vous décevoir dans vos recherches, monsieur Tavho.

    En suivit une invitation de l'homme:

    -As-tu envie de sortir faire un tour? Je te commanderai quelque chose à manger. Un infirmier viendra te conduire dans la cour des locaux. J'y serai.

    L'ex chirurgien réalisa son erreur de jugement pratique trop rapide sur cet homme qu'il connaissait à peine à son soudain changement de comportement. Autant il détestait l'instabilité, autant le sentiment que son vis-à-vis était dangereux s'amplifia. Ambrus Tavho n'était visiblement pas quelqu'un qui se laissait dire non, et en fait c'est ce qui poussa Ishtar à se relever. Il dût s'étirer, son corps meurtri se faisant affreusement douloureux. Il resongea à la proposition à laquelle il n'avait pas même eu la chance de dire non. Car en effet, une question insinuant un choix, il n'aurait pour rien au monde voulu côtoyer son scientifique attitré.

    On lui apporta ses vêtements propres et il se défit de son uniforme d'employé pour revêtir ses vêtements beiges et appauvrit. Il sera sa cape à ses épaules et se rendit à la cour des locaux.
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MessageSujet: Re: Après une dose massive de formaldéhyde    

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Après une dose massive de formaldéhyde

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