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 Ashänor pour vous servir (ou pas)

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Messages : 12
Date d'inscription : 24/04/2011
Age : 26

Carte d'identité
Surnom: Le Lion de Feu (j'étrangle celui qui me donnera un surnom débile !)
Sexualité : Vous voulez-vraiment le savoir ?
Niveau de dangerosité: Je suis le Maître du Monde.


MessageSujet: Ashänor pour vous servir (ou pas)   Dim 24 Avr - 16:04

|| Le personnage ||




Informations
    Nom : Le Lion de Flammes.
    prénom : Ashänor.
    Âge : L’âge ? Mais de quel âge parlez-vous ? Celle de son apparence ? Ou celui qu’il a réellement ?
    Taille : 1,91 mètre.
    Poids : 83 Kg.
    Race : Humain ou Hybride : Jusqu‘à preuve du contraire, c‘est un humain, un poil mégalomaniaque, mais un humain quand même.
    Sexualité : Hum… tenez-vous réellement à le savoir ?
    Rang/Métier : Mystère.

|| Informations diverses ||

    Physique :

    Avez-vous remarqué cette ombre qui vous observe d'un regard sombre depuis le début ? Non ? Eh bien, soit vous n'êtes pas assez méfiant pour faire attention où vous allez, ou soit cet homme est un fantôme capable de se rendre visible selon ses caprices. Maintenant, retournez-vous et croisez ces yeux cernés de noir, ils ressemblent à deux pierres ocres qui vous toisent, vous observent et vous jugent, vous percent comme ceux d'un oiseau et lit jusqu'au plus profond de votre âme, comme si vous n'étiez qu'un journal qu'il peut ouvrir, déchirer selon son humeur. Frissonner de peur et de fascination devant l'arrogance superbe qui est cet homme, plutôt jeune, vous avez pourtant rapidement l'impression qu'il est plus vieux qu'il n'y parait. Dans ces yeux d'une incroyable intensité, vous avez l'impression de voir une lueur de vieillesse, et lorsqu'il vous sourit, charmeur, vous oubliez que vous avez en face de vous une marionnette manipulée par son arrogance. Captivé, vous observez ce grand corps musclé, presque parfait, aussi dur que du roc, aussi dur que le coeur de pierre qu'il possède. Ashänor s'avance alors, joueur, fier et superbe dans sa folie ; il fronce ses épais sourcils bruns, son visage d'albâtre prend une expression amusée, et son sourire dégage soudain quelque chose de malsain. Prenant peur, vous fuyez, imaginant sa chevelure glisser autour de lui, jouer avec le vent.

    Des mèches blanches dansent sur ses yeux de lion, semblant être coupées dans tous les sens, sauvages, sa chevelure semble danser avec le vent. La teinte s'assombrit, alors que des cheveux châtains aux teintes rousses glissent contre son dis, frôlant presque sa taille, et ses longues jambes s'activent déjà pour vous poursuivre. Une petite fossette apparait sur son menton, ses joues se creusent et il semble s'amuser, comme un enfant. Vous vous arrêtez quelques secondes, sentant le prédateur se rapprocher, silencieusement, alors que finalement, ses larges épaules vous empêchent de voir le soleil. Ashänor est devant vous, vous dominant de toute sa taille et de sa prestance. Ses épaisses lèvres sensuelles perdent leur sourire mesquin, sa longue chevelure au vent, il tend vers vous une grande main pâle, dont vous pouvez deviner la puissance et dont vous craignez la robustesse.

    Et pourtant, vous tendez la vôtre et quand il la saisit, vous sentez vos doigts s'écraser dans sa grande main, et lui semble prendre un plaisir malsain à vous voir souffrir. Il vous lâche soudain, passe une main dans ses cheveux de lion, et il se retourne, vous montrant son dos puissant, ses vêtements sombres se mélangent au noir de la nuit, et il disparait. Un petit rire grave, moqueur et sec se fait alors entendre, le mal vient de vous quitter pour aller s'amuser ailleurs. Silencieux, son souvenir disparait de votre mémoire, ne vous laissant qu'à vos angoisses et peurs. Ne vous laissant qu'à votre fascination, votre coeur aux ténèbres.




    Caractère :

    Ashänor... nombreux sont ceux qui frémissent en percevant ce nom, mélange de peur et de fascination. Seuls ceux qui ont pu croiser le regard du Mal sont en mesure de comprendre sa force, sa puissance. Qu'est-ce que le mal ? Le mal est loin de ces caricatures grotesques des contes pour enfants, ni des croyances populaires que l'on peut entendre, toutes ces choses grotesques n'ont rien à voir avec ce qu'est le mal. Libre, indépendant, redoutable, opportunistes ; Ashänor est un être d'une grande intelligence, subtil et perspicace, il reste néanmoins victime de certaines crises violentes. Calculateur, mais pas invincible, il refusera de montrer cependant que la fureur peut jouer sur son comportement ; semblant toujours souriant, posé et voir serviable, si rien ne fonctionne comme il l'a désiré, Ashänor perdra conscience de la réalité durant quelques secondes, se laissant allé à des crises de colère assez violentes, cassant le masque d'homme impassible, toujours aimable.

    Hypocrite, libertin, il s'amuse des autres et les manipuler est l'un de ses petits plaisirs ; pour les êtres moins subtils, le plaisir de domination peut aller dans le sexe ou dans le meurtre, mais pour cet homme, c'est celui de contrôler les autres qui prime sur le reste. Malsain, noir et pourtant rayonnant, Ashänor cache sa véritable personnalité derrière ce masque de gentilhomme, prêt à tout pour les autres, alors qu'il ne cherche que le pouvoir et la puissance. Le monde est pour lui une espèce d'immense échiquier, et les êtres qui le composent, ses jouets, ses pions qu'il avance au gré de ses plans, au gré de ses humeurs. Capricieux, charmeur et surtout, talentueux et sournois, Ashänor charme avec le moindre regard, corrompe avec la moindre des petites paroles. L'Hypocrisie a un maître et cet homme l'incarne dans toute sa splendeur, dans toute sa bassesse.

    Il ne semble n'avoir aucun maître, il ne semble être à n’attacher à rien, et le monde parait lui appartenir, son charisme, sa personnalité corrompue dégage pourtant son assurance. Et c'est sans doute là, le problème d'Ashänor : il peut reconnaître que quelqu'un est plus fort que lui, mais il lui trouvera de suite un défaut et un moyen de l'avoir avec lui. Intelligent, il reste néanmoins fier et plein d'orgueil, un homme comme lui ne connait jamais ses limites, que ce soit dans sa perversité que dans ses faiblesses. Il n'est pas parfait, c'est un être humain avant qui sait seulement contrôler les autres, mais dont l'amour de la manipulation et de sa petite personne constitue ses faiblesses : il sera incapable de voir ses limites, puisque son pouvoir lui fait croire qu'il n'en a pas. Plus on se croit grand et fort, plus dure est la chute. Salopard, séducteur, il vous perce à jour d'un simple regard, vous charme, s'amuse avec vous et vous jette sans le moindre regard si vous ne l'intéressé plus.

    Car qu'est-ce que la vie, au fond ? Ashänor y réfléchit depuis si longtemps, et pour lui la vie n'aurait aucune saveur s'il ne jouait pas avec les l'humanité. D'une curiosité presque enfantine, il aime la nouveauté, il aime être surpris, mais il s'ennuie rapidement. Et rien n'est pire que l'ennui, écrasé d'une grande mélancolie, il vous fixera avec lassitude et vous tuera sans le moindre regret ; soit on l'amuse, soit on le sert, mais jamais plus : celui qui a le malheur de lui déplaire, disparait, est détruit, mais ne pas tuer : la mort est un sort bien trop doux selon lui, pourrir le coeur, cracher son venin sur une âme désolée, c'est tellement plus drôle selon lui que la mort reste le sort le plus enviable. Il haussera alors un sourcil, prenant une mine d'enfant gâté, et d'un geste de la main, il vous fera connaître des souffrances intérieures, si bien que la mort sera une perspective d'avenir plus joyeuse.

    Devenir l'ennemi d'Ashänor, c'est devenir l'ennemi du Mal, et le Mal ne suit que ses caprices et désirs, il ne connait aucune limite. Le monde lui appartient, après tout, il est sa plus grande distraction.




    Histoire :

    Le soleil brillait dans l'immensité du ciel, toujours aussi arrogant, toujours aussi superbe, alors que deux silhouettes se faisaient face. Un homme aux cheveux noirs et longs, attachés en queue de cheval, le visage blanc et dur, fixait de son regard de corbeau un petit enfant. L'homme écoutait le bruit des vagues frapper contre la falaise, pendant que le vent glissait dans ses sombres vêtements. Il fit un pas vers l'enfant, celui-ci était assis, ou du moins il tentait désespérément de reprendre son souffle. Ses cheveux châtains tombaient sur ses épaules, ses yeux dorés étaient mouillés de larmes par l'effort, et il semblait incapable de bouger ; l'homme ne lui tendit aucune main chaleureuse, se contentant de lui envoyer un regard méprisant et soudain, il cracha près de sa main tremblante. Il croisa les bras, impérieux, décidés à lui montrer qu'il n'était que son inférieure. L'enfant releva ses yeux sur lui, ne comprenant pas le dédain dans l'expression froide de son maître, celui-ci passa devant lui, sans dire un mot. Sa main alla toucher son épaule gauche, puis vint ramener quelques mèches de cheveux noirs dans son chignon, le vent s'engouffrait dans ses vêtements, faisant voler la manche vide de son bras gauche. Il se retourna enfin vers l'enfant, toujours aussi arrogant, et lança :

    « — Ce n'est pas en chouinant que tu arriveras à quelque chose.
    — Mais maître... ça fait mal !
    — Ne te plains pas, je te rappelles que je fais ça seulement par bonté. »

    L'homme se rassit, touchant à nouveau sa manche vide, comme pour se souvenir du bras qu'il avait un jour possédé. Dur et sévère, son visage n'exprimait pas cette prétendue bonté dont il parlait, il tendit la paume de sa main à l'enfant. Il ferma les yeux et se concentra, mordant sa lèvre inférieure ; soudain, sa peau blanche se mit à rougir petit à petit, ses doigts semblèrent se durcir, ainsi que sa chair, et sa main ressembla bientôt à un morceau de chair ensanglanté. Il rouvrit les yeux et haussa un sourcil, faisant signe au gamin de la toucher. Celui-ci tenta tant bien que mal de ravaler ses larmes et nerveux, il prit la main de son maître avant de pousser un cri de douleur, celle-ci était aussi brûlante que des braises ! Il sursauta et la lâcha aussitôt, fixa un instant sa chair brûlée quand brutalement, il se reçut une claque de la part de son maître. Il hurla de douleur et sans chercher à se débattre, il se recroquevilla sur lui-même, blessé à la joue, ses larmes glissaient sur ses joues. Et il sentit les yeux de corbeau sur lui, et la main brûlante de l'homme le prendre par ses cheveux. Il fut jeté par terre, et d'une voix impétueuse, l'homme cracha :

    « — Debout ! »

    L'enfant se releva péniblement, mais sans prévenir, il tenta de s'enfuir. Aussitôt, il sentit le vent claquer contre lui et ses genoux cogèrent le sol, il perçut la voix de maître gronder :

    « — Tu n'es bon qu'à fuir comme un lâche, Pâris, tu ne possèdes pas la moindre tripe. Et pourtant, pense à ce que tu serais capable de faire avec de tels pouvoirs ! »

    Sa joue rougie lui faisait mal, ainsi que sa main et il n'avait qu'une seule envie : rentrer chez lui et se cacher, fuir cet homme, fuir sa cruauté, fuir sa violence et sa puissance. Bien trop faible pour oser le défier, il obéit et à nouveau, il lui prit la main, sentant cette même douleur se ravive, il grogna et mordit sa langue, mais ça ne parvint guère à retenir ses larmes. Il récolta un autre regard haineux et dédaigneux de la part de son maître, il soupira, mais ne résista pas à sa peur et relâcha sa main. Furieux, son maître se releva et grondant, il s'éloigna :

    « — Tu ne sers à rien Pâris, tu as un pouvoir, mais tu préfères te terrer dans tes peurs que de l'affronter. Pauvre lâche. »

    Blessé, le gamin soupira et fixa sa main malade, laissant son maître l'abandonner, il resta la face contre le sol, sentant quelques brins d'herbe venir lui chatouiller le nez. Il se sentait insulté, humilié et malgré son habitude pour ces choses-là, il avait mal. Il déglutit, puis rentra chez lui.
    Une ferme en mauvais état, perdu dans un petit village tout aussi pauvre ; l'odeur de l'urine et des excréments lui piquaient le nez, ce parfum aussi délicat que l'espèce de bouseux qui gîtait près de lui l'écoeurait. Il alla chercher un seau d'eau froide qu'il vida de colère dans la porcherie, les cochons grognèrent et le bousculèrent. Il détestait cette vie ! Il haïssait cet homme ! Il ne devait pas mener une telle existence ! Un porc lui donna un coup et Pâris tomba la tête la première dans la boue, les ordures et autres immondices. Le visage noirci, il pesta contre cette vie et donna un coup de pied dans le seau, l'envoyant contre la porte.
    C'était vrai, non ? Bien des personnes lui avait dit qu'il était beau et qu'il possédait un charme incroyable, ses joues de filles, son air poupon le rendaient adorables, lui avait-on déclaré ! Alors pourquoi devait-il suivre un enseignement aussi débile ? Pourquoi devait-il tous les jours tremper ses mains dans la crasse ? Ses jolies petites mains que ce salopard d'Ashänor lui avait abîmées ! De colère, il frappa la porte et d'une joie enfantine malveillante, il quitta la porcherie, la porte toujours ouverte, ça leur apprendra !
    Créant la pagaille, il alla s'enfuir dans la cave de sa maison, le visage toujours plein d'immondice, alors qu'un petit rire nerveux s'échappait de sa gorge. Pâris imaginait les membres de sa famille courir après ces porcs, pendant que ces derniers allaient s'enfuir dans le village, en grognant, en râlant. Ça leur apprendra ! Ca apprendra à ses parents de lui donner ce fou comme maître, ça apprendra aux autres du village d'être plus riche qu'eux !

    Le maître était assis face à son élève, la main tendue vers celui-ci, resserrant de toute sa seule force les bandages autour de la paume de Pâris ; ce dernier restait les yeux perdus dans le vide, la lèvre rouge, une autre trace de la sévérité de son maître. Pensif, il n'écoutait pas les conseils d'Ashänor, préférant s'attacher à des détails aussi futiles que la disparition de cette blessure au coin de ses lèvres, c'était tellement laid ! Ça gâchait son seul atout : son joli minois. Il soupira et sursauta à la question de son maître :

    « — Pourquoi as-tu fait ça ?
    — Fais quoi ?
    — Ne joue pas l'innocent, Pâris. »

    Il mordit sa langue pour cacher son anxiété, vraiment, il détestait ce maître capable de deviner tout ce qui se tramait dans sa tête ! Il haussa les épaules, récoltant une claque sur sa joue déjà blessée, il sentit encore les larmes monter et pourtant, il resta de marbre. Ashänor cracha :

    « — Tu n'es qu'un petit con ! »

    Pâris haussa à nouveau les épaules, attendant que l'homme termine de le punir, de l'insulter, tout ça... parvenait parfois à l'atteindre, parfois non, tout dépendait de son humeur. Il soupira, alors que l'homme toucha sa manche vide, accablée, et un petit sourire mesquin passa sur la figure de Pâris, l'espace d'une petite seconde :

    « — Maître... comment avez-vous perdu votre bras ? »

    Ashänor parut troublé et cracha :

    « — Ceci ne te regarde pas.
    — C'est... parce que vous vous êtes trompé de sortilèges ? Une erreur comme ça a été capable de toucher un homme tel que vous ?
    — Pâris... tu n'es qu'un serpent, mais saches une chose : avant de me donner des leçons, ne soit pas que cette merde !
    — Pauvre fou... ! »

    Cet homme, Pâris le haïssait, ce maître, Pâris ne rêvait que de lui arracher son autre bras pour n'en faire qu'un homme-tronc. Il rêvait de serrer ses petits doigts autour de ce cou pâle, et de le voir le supplier, celui qui tant de fois l'avait humilié, celui qui tant de fois lui avait fait mal. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres, il mordit dans un morceau de pain gonflé d'eau, son seul repas de la journée, donnée par ses parents. Il coula un regard méprisant vers eux, observant les dents manquantes de son père, plié en deux, sa mère, elle, était maigre comme un squelette et ses pauvres cheveux tombaient à cause de la vieillesse. Lui, il ne songeait même pas à les rendre heureux, il s'imaginait partir de cet endroit, apprendre qu'il était le fils d'un seigneur lointain ! Et quitter cette vie de misère, quitter sa vie de paysans et d'élève !

    « — Comment vos les leçons avec ton maître ? »

    Lui demanda sa mère d'une voix douce, Pâris sourit et sur un ton enjoué, il répondit :

    « — Trés bien, je progresse très vite ! Regardez ! »

    Il serra dans sa petite main blessée le morceau de peau, puis souffla dessus, quand il présenta sa paume à sa mère, il lui montra une petite pierre de saphir qu'elle s'empressa de prendre, joyeuse et qu'elle imagina à son doigt. Son père siffla, impressionné, pendant que ses frères et soeurs courèrent pour mieux voir le saphir, tout le monde l'applaudit ; lui, il avait l'impression d'amuser une bande de ploucs, vraiment, qu'est-ce qu'il les méprisait ! Tout comme Ashänor qui lui, était incapable de remarquer ses progrès. Il n'avait paq besoin de lui, Pâris sentait qu'il n'avait pas besoin de ce débile sans cervelle, il était tellement plus fort que lui ! Il ne rêvait que du jour où, il lui arracherait son bras encore présent, il appuierait sa botte pleine d'immondices sur sa joue, et il savourerait sa victoire.

    « — Maître... comment avez-vous perdu votre bras ? »

    Ashänor envoya un regard ennuyé à Pâris, ne lâchant aucun mot, il se contenta de se mettre en position du tailleur, invitant l'autre à le faire. Lorsqu'il observait cet enfant, le sorcier sentait toute sa nature fausse, ses songes de grandeurs et de luxes. Il le voyait berner son entourage par ses sourires, ses petites mimiques adorables, cherchant à rendre la vie de sa famille meilleure ; lui, il ne voyait que de l'hypocrisie, cachée sous un tapis de gentillesse et de générosité, il méprisait ce gamin. Pâris planta ses yeux dans les siens, et peut-être inconsciemment, sans doute pas, il croisa ses deux mains, bougeant son épaule droite comme si elle était endolorie. Par ailleurs, Pâris parvenait à déceler une présence dans la forêt prés d'eux, et eux se retrouvaient à nouveau sur cette falaise, à écouter le bruit des vagues, leur hargne, leurs murmures désespérés. Il fronça les sourcils, puis un nouveau sourire hypocrite vint se peindre sur son visage, il demanda encore d'une petite voix fluette :

    « — Maître... comment avez-vous perdu votre bras ? Est-ce en vainquant un autre sorcier ?
    — Comme tout le monde le dit ? Il devait être fort, non ? Arrivez à vous blesser, vous, maître Ashänor ! »

    L'homme garda ses expressions durs, cachant le frisson d'angoisse qui le traversa, voilà maintenant que ce sale gosse arrivait à le déstabiliser ! Il émit un grognement rauque, ne percevant pas les bruits inhabituels qui s'échappaient de la forêt, sa main prit une petite pierre qu'il observa un moment. Pâris manqua de sourire, un petit sourire sournois qui curieusement, rendait son visage fin plus superbe encore, à croire que les vices le rendaient plus beau. Il tourna la tête, observant une grande silhouette noire prés d'un arbre, une silhouette qui ne ressemblait pas à celle d'un homme, mais à une sorte de loup monstrueux. La peur lui prit le ventre, mais son sang-froid le ramena rapidement à la raison. Rapidement, son petit cerveau d'enfant de dix ans se mit en marche, ne voyant plus tellement le danger, ni les yeux rouges complètement désespérés de la bête, il sentit toute sa rancune s'exciter, dans tout son corps. Au lieu de tendre la main au monstre, au lieu d'agir par gentillesse, il agit exactement comme à son habitude : par intérêt, les autres ne lui servaient qu'à ça.

    « — Maître... comment avez-vous perdu votre bras ? Il devait être fort... fort... au point de vous vaincre ?
    — Il suffit, Pâris ! »

    L'enfant haussa un sourcil, sentant la haine de son maître à travers son regard sombre, intérieurement ? Il riait de joie ! Enfin... il paraissait être réellement pourvu de sentiments, cet homme. Il jeta un autre coup d'oeil à la bête prés de l'arbre, hirsute, misérable, blessé et apeuré. Il mouilla ses lèvres et tendis sa main vers l'homme, il ajouta :

    « — Si un sorcier a réussi à vous arracher votre bras... vous croyez que moi, je pourrais vous prendre l'autre ? Ou si ce n'était pas moi... ce monstre ! »

    Ashänor arqua un sourcil, mais il n'eut pas le temps de réagir face à l'énorme boule de flamme qui jaillit de la paume rouge de Pâris. Il tenta de reculer, mais perdit l'équilibre et mordit la poussière, Pâris ne bougeait pas, immobile, alors que la boule de flamme grandissait et devint rapidement une petite tornade, dansant au creux de sa main. Il écoutait chaque respiration saccadée de son maître, et sourit en percevant le cri de peur de la bête qui les observait depuis un moment.

    « — Qu'est-ce qui te prend... arrête ça !
    — Non. »

    Et soudain, silencieux comme un serpent, vif comme l'éclair, l'enfant bondit sur son maître et dirigea sa tornade de flamme sur son visage. Ce fut avec un ravissement mesquin et pervers qu'il le vit hurler de douleur, se recroqueviller, rouler contre le sol pour tenter d'éteindre le feu, il croyait examiner un vers se tortiller. Il s'écarta et souffla sur sa main, le feu disparut aussitôt et il lança un regard à la bête. Sans hésiter, sachant qu'il suffirait peu de temps à Ashänor pour arrêter son petit tour, il fonça sur le monstre. Son coeur cognait vite contre sa poitrine, il avait du mal à respirer et la vision floue, il se jeta dans les griffes d'un loup à l'apparence vaguement humaine. Il chercha à lui enfoncer sa main dans ses côtes pour brûler sa chair, mais il récolta un coup de griffe qui l'atteint au visage. Là... il entendait les cris de rage d'Ashänor, alors que celui-ci courait sur lui ; effrayé, le loup-garou se jeta sur l'homme, pendant que Pâris se relevait, les jambes tremblantes, la peur au ventre, sur le point de pisser sur lui pour avoir commis une telle horreur. Il vit le loup mordre la chair d'Ashänor, mais celui-ci, sentant les crocs de la bête s'enfoncer dans son cou, lui saisit une oreille qui aussitôt prit feu, l'odeur de chair brûlée fit presque vomir Pâris. Il vit alors la bête changer de cible, au lieu de mordre son cou, il se saisit du bras encore présent, encore valide d'Ashänor.

    Et là... Pâris... se concentra, si prés de son but… il devait y arriver ! Et le vent claqua contre lui, tranchant comme la lame d'une épée, et dans un flot de sang, le bras d'Ashänor fut tranché, toujours dans la gueule du loup-garou. Riant à moitié, Pâris tomba sur les fesses, essouflé, effrayé, mais heureux de voir son maître, cet homme qui tant de fois l'avait humilié souffrir, hurler, s'égosiller de douleur. Le monstre lui, prit la fuite, le bras de l'homme dans sa gueule. Ashänor sans le moindre équilibre tomba lui aussi, la face contre le sol, pris de nausée, bavant, pleurant, gémissant, pendant que son enlève sentait un brasier s'allumer dans son bas-ventre.

    Prenant un peu de terre, il s'en colla une partie sur le visage, rapide dans ses gestes, nerveux aussi, il entendait déjà les gens de son village arriver. Il mordit sa lèvre, mit un peu de sang sur ses mains, il devait jouer son rôle à merveille et s'enfonçant le poing dans son ventre, il grogna. Un mercenaire le prit par les épaules, le secouant, pendant que les fausses larmes de l'enfant glissaient sur ses joues sales, il parut choqué. Quelques hommes s'agglutinèrent, n'osant s'approcher du corps inconscient d'Ashänor, Pâris n'avait pas voulu le tuer, pourtant, il devait trouver un moyen de se débarrasser de lui. Chouinant, il hoqueta, respirant péniblement :

    « — Il... est arrivé... s-s-sur... le-le-le maître !
    — Quoi ? Que s'est-il passé ? Pâris !
    — Il... son bras ! C'est horrible ! »

    Il déglutit, mordit sa langue et s'écroula dans les bras du mercenaire. Vraiment, si quelque chose comme la cérémonie des Oscars avait existé dans ce monde, Pâris aurait gagné celui du meilleur comédien de tous les temps.

    Le lendemain, Ashänor décéda. Une nouvelle que l'enfant prit avec beaucoup de joie, ce qui ne l'empêcha pas de feinter du chagrin en pleurnichant sur son corps ; apparemment, l'homme n'avait pas supporté la perspective de vivre privé de ses deux bras, il s'était mordu la langue. Au moins, le petit supplice que Pâris lui avait donné n'avait pas été des moindres. Une victoire sur ce gamin de onze, à l'apparence délicate, douce, pauvre et pourtant superbe ; le mal sait tromper les apparences comme personne.

    Puissant, néanmoins, Pâris profita de ses dons pour ameuter les gens, faisant payer ses petits tours de magie contre de l'eau claire, de la viande, de l'or... tout ce qui pouvait aider sa famille à vivre mieux, et tout ce qui pouvait lui permettre de s'enrichir. À seize ans, il était connu du Seigneur local qui ne possédant pas de sorcier, chercha à s'approprier le pouvoir de l'adolescent. Un beau jour, il se présenta de lui-même, devant la porte de sa ferme ; sa mère complètement édentée, ses frères et soeurs tirant les vêtements de son père chauve, jamais Pâris ne ressentit autant de honte. Devant le petit Seigneur, le jeune homme devint rouge de honte, pour une fois qu'un de ses sentiments passa à travers son masque de gentillesse feinte. Celui-ci s'était mis à rire, il croisa les bras, détaillant l'adolescent plutôt svelte sous son nez, tandis qu'un petit rire narquois s'échappa de sa gorge. Ce qui ne fit que rendre plus intense la honte de Pâris, celui-ci le trouvait impressionnant, cet homme à la chevelure rousse et sombre qui lui tombait sur ses épaules, sa barbe de trois jours, ses larges épaules, et son visage plein de noblesse. Un sourire naquit sur ses belles lèvres charnues, et il tendit une bourse remplie d'or vers la mère de Pâris :

    « — Donnez-moi votre fils, il sera utile à mon armée, et en compensation, je ne vous ferais payer aucune taxe, je vous donnerai aussi de l'argent. »

    Les parents de l'adolescent n'échangèrent aucun regard, et vendirent leur fils pour quelques pièces d'or. Même s'il n'avait jamais apprécié ses parents, Pâris refusait qu'on l'estimât à si peu de chose, pourtant, il suivit l'homme sans rien dire, sans même protester. Et quel choix judicieux ! Haïssant parfois ses parents, les remerciant, il fut invité à vivre l'existence dont il avait toujours rêvé : le Seigneur l'emmena dans son château, lui présenta une poignée de serviteurs prés à tout pour le satisfaire, et lui donna une chambre, et quelle chambre ! Ses appartements étaient immenses, drapés de soie, meublés du bois le plus beau, l'argent abondait, le luxe le gagnait et il pouvait passer des journées entières allongé sur un coussin, à lire ou à contempler le plafond, oisif, sans désir autre que celui d'être servit. Il se dérangeait lorsque son Seigneur l'appelait, portant les plus beaux habits, portant les plus beaux bijoux. Celui-ci se montra d'ailleurs rapidement étonné qu'un Sorcier aussi fort que lui ne possédât pas ce sang si particulier, Pâris, lui s'en moquât ; Ashänor ne lui avait jamais rien appris à ce sujet. Un matin, son Seigneur le fit demander, une entrevue qui se passa sans garde, sans hommes, juste lui et Pâris.

    Il venait de sortir de son bain, encore torse nu, dévoilant au jeune homme son corps musclé et viril, si parfait malgré les quelques cicatrices qui marquaient sa poitrine. Sa chevelure rousse tombait à sa taille, et ses yeux si sombres observaient Pâris comme si ce dernier était sa proie ; il sourit, comme toujours, insaisissable. Ce matin-là, Pâris ne put s'empêcher de sentir quelques frissons courir sur son échine en posant un regard indiscret sur ce corps qu'on offrait à sa vue. À plusieurs reprises, il manqua de rougir, à plusieurs reprises, il reprit son calme et ne sembla montrer aucune gêne, alors que l'autre déboutonna son pantalon. Pâris frémit, sentant l'excitation croître dans son bas-ventre, sentant des sensations qu'il n'avait jamais ressentit auparavant. La voix grave et rauque de son Seigneur tonna, et alors qu'il refaisait sa queue de cheval, il lui dit :

    « — Tu vas enfin pouvoir me montrer l'ampleur de tes pouvoirs : un de mes adversaires de longue date tient à me défier, tu te tiendras à mes côtés... quand mes hommes iront le cueillir... quelque chose ne va pas ? Tu es tout pâle ?
    — Ce... je... ce n'est rien, un peu de fatigue.
    — Ah ! Ne tombe pas malade maintenant, Pâris... »

    Le jeune homme sursauta presque en l'entendant prononcer son prénom, son excitation n'en fut que plus grande et malgré la complexité de la situation, il eut ce même sourire hypocrite et doux sur son visage. Il observa l'homme se rapprocher et poser sa main sur son épaule, un contact qui l'électrifia de suite. Il toussota, alors que l'autre ajoutait :

    « — Satisfais-moi... et je saurais te récompenser. »

    Une récompense qu'il désirait à la hauteur de ses attentes.
    Une semaine aprés l'entrevue, aprés toutes ces sensations qui avaient envahie son corps, le jour de la confration tomba sur lui. Dévoué pourtant à son Seigneur, Pâris était tendu, se demandant encore et encore le genre de récompense dont il lui avait parlé. Malgré lui, il s'imaginait des choses plus intimes, dirons-nous, puisque ce n'était pas encore le temps de sombrer dans le plaisir de la chair. Bien sûr, son imagination était bien là, mais celle-ci allait le trahir.

    Dans la cour de son propre château, l'homme pouvait sentir l'humiliation poindre le bout de son nez ; son ennemi de toujours était là, aussi impressionnant que lui, plus fourbe aussi. Pâris se tenait derrière son Seigneur, tout son être s'emplissait d'excitation, et il fixait d'un regard morne l'autre sorcier. Vêtu d'une cape, il était plus petit que lui et quelque chose chez lui, rappela au jeune homme son maître. Une femme se trouvait au loin, une belle brune aux yeux verts, ses lèvres rouges étaient closes, vêtue de soie, elle avait joint les mains. Le Seigneur fit quelque pas vers son vieil ennemi, il déclara :

    « — Tu connais l'enjeu, si mon sorcier parvient à vaincre le tient, tu me donneras ce que je désire. »

    Pâris frémit, déboussolé par ce qu'il ressentait à l'égard de cet homme, cherchant à comprendre ce qu'une relation comme celle-ci pouvait avoir. Il marcha jusqu'à son adversaire, la haine au creux du ventre, et lorsque ce dernier le regarda, le jeune homme souffla sur sa main. Une technique qu'il avait apprise d'Ashänor, mais qu'il avait faite évoluée. De sa main, une tornade de flamme jaillit et fonça sur le sorcier, ce dernier fit apparaître une sorte de bouclier. Invisible, les flammes se frappèrent contre, Pâris grimaça et se concentrant, il essaya de faire passer les flammes autour du bouclier, mais quand il essaya, celui-ci sembla s'épaissir, s'agrandir. Poussant un cri de rage, il fonça sur l'homme, une dague à la main, celui-ci le repoussa avec un autre sortilège, tel qu'il l'avait pensé. De ce moment d'inattention, l'adolescent en profita pour l'englober de ses flammes, celles-ci étaient parvenues à percer le bouclier et brûlèrent l'homme, comme une vulgaire poupée de chiffon. Son Seigneur se mit à rire et applaudit, pendant que le jeune homme, essoufflé, fixait le cadavre noirci tomber à ses pieds. Une goutte de sueur glissa sur sa tempe, et son Seigneur lui donna une tape brutale dans le dos, il chancela, l'écoutant à moitié :

    « — Allez... donne-la moi. »

    Victorieux, l'homme lança un regard à la femme, et celle-ci se réfugia dans ses bras. L'enjeu du combat ? Pâris venait de le comprendre : cette femme, il s'était battu pour ça ! Pour une chose aussi futile qu'une paire de seins ! Il grogna, les yeux remplit de haine, remplit de jalousie. Le sentiment de trahison l'accabla aussitôt, et il rentra dans le château, devant l'incompréhension de tous. Il allait le lui payer !

    La lune brillait dans le ciel noir comme de l'encre, une forêt enveloppait les deux êtres qui étaient face à face. Vêtu d'une cape de velours noir, Pâris parlait à voix basse, il était plus âge, plus arrogant aussi, et toujours aussi fort ; il avait en face de lui un homme bien plus vieux, portant des bagues en or à chacun de ses doigts. Une petite lueur d'adrénaline brillait dans ses yeux bleus, alors que Pâris avançait ses idées, son plan... un sourire sournois sur les lèvres. Après un moment de discussion, de désaccord et le reste, ils échangèrent une poignée de main. Montant sur son cheval, il fit signe à l'homme et retourna au château du Seigneur qu'il servait depuis environ quatre ans, maintenant. Secoué d'un petit rire, il voyait déjà cet homme perdre toute sa grandeur.

    Allongé sur son lit, une main sur son ventre, l'autre derrière la tête, le jeune homme semblait dormir, tranquille, paisible, personne ne pouvait deviner sa véritable nature derrière son visage de jeune adulte, croquant la vie à pleines dents. On toqua à la porte, mais il ne réagit pas, on toqua à nouveau et il ne fit aucun mouvement. Finalement, on entra dans sa chambre et on vint se glisser contre lui, il soupira et ramena le corps contre le sien, respirant l'odeur de lys que dégageait cette peau délicieuse et rose. Il rouvrit les yeux sur son amante, la femme du Seigneur qu'il servait. Elle ne chercha pas à l'embrasser, au contraire, elle paraissait vouloir un peu d'attention et de délicatesse, elle se blottit contre lui et il l'embrassa sur le front. La punition qu'il prévoyait n'était pas terminée, mais au moins, Pâris pouvait se réjouir de coucher avec sa femme, sous son toit, sous son nez, sans qu'il ne le sache. Elle s'endormit à ses côtés, paisible et douce, alors qu'il pouvait déjà entendre les hurlements des villageois. Elle, elle ne parut pas être dérangée par ça, pas même par les pas qui se dirigeaient vers la chambre du jeune homme. Il accueillit le serviteur avec un sourire, celui-ci ne bougeait plus, choqué et le jeune homme demanda :

    « — Que puis-je faire pour vous ?
    — Notre Seigneur a besoin de vous... le village... le château est attaqué ! »

    En soupirant, ennuyé, il délaissa la femme et passa en silence devant le serviteur, excité comme une puce. Mais au lieu de se rendre auprès de son Seigneur, il descendit aux écuries, sans mettre la selle de son cheval, il grimpa dessus et sortit en vitesse, après avoir mis le feu au château. Autour de lui, il pouvait entendre les cris d'horreur, voir les gens s'éparpiller, terrifiés, un petit rire sec s'échappa de sa gorge. Il passa devant son Seigneur qui s'égosilla :

    « — Pâris ! À l'aide ! Pâris !
    — Désolée... mes parents... mes frères et soeurs... ils... !
    — Tu oses les faire passer avant moi ?
    — Je n'en ai pas pour longtemps ! »

    Il ignora les insultes, il ignora le reste et il se dirigea vers le village, celui qui l'avait vu naître, celui où Ashänor était mort. Il s'arrêta devant sa maison, celle qu'il n'avait plus depuis neuf ans, il défonça presque la porte en entrant. Sa mère était là, un nouvel enfant dans ses bras, les larmes aux yeux, elle eut du mal à le reconnaître. Dehors, c'était la folie et le jeune homme la ressentait, cette douce et merveilleuse folie qui le traversait, son esprit s'excitait devant ses nouvelles victimes. Il s'avança vers sa mère, prit son visage entre ses mains et elle se blottit contre lui, frissonnante, pleurant :

    « — Mon fils... tu es venu nous sauver ?
    — Non. »

    Elle fronça les sourcils, et violemment, Pâris la repoussa. Ne comprenant pas, elle prit ses enfants contre elle, alors que son époux vint la rejoindre. Pâris le remarqua tout juste et tendant la main vers son père, il sourit, de ce sourire gentil et généreux qui masquait sa véritable nature. Une ombre passa sur son visage et lorsqu'il ressortit de cette maison qui l'avait vu naître, celle-ci brûlait, brûlait des flammes de sa colère et de sa haine. Sa vengeance était en marche.

    « — Qu'as-tu fais ! »

    Alors qu'il marchait, goûtant à la chaleur des flammes, goûtant à la destruction, il s'arrêta devant son amante. Ah... elle l'avait donc suivie, cette garce ?

    « — C'est... ce village est sous sa protection ! Tu... tu l'as trahie ?
    — C'est lui qui m'a trahit le premier, et à cause de toi. »

    Paniquée, la femme se tut et sans dire un mot, elle monta sur son cheval et partit au galop. Devinant ce qui se passait dans l'esprit de cette peste, il grimpa sur sa monture, il la talonna de toutes ses forces, plissant des yeux, tandis que la silhouette de son amante disparaissait. Il n'avait pas prévu ça ! Prit de colère, il tendit sa paume vers elle et comme le reste, comme la ferme, comme sa famille, comme son maitre, son corps fut dévoré par les flammes. Ses cheveux devinrent que des cendres, son cadavre tomba en même temps que le cheval qui lui, toujours vivant, s'enfuit au loin. À quoi bon ? Elle ne lui servait plus à rien ! Il la laissa là, sans vie, et retourna au château, passant par la forêt, galopant avec fureur, cette truie l'avait mis en colère, c'était de sa faute ! Il s'arrêta devant l'immense bâtisse, prise par une masse de soldats, la haine dans leur coeur, un rictus déforma son visage et ce fut au pas qu'il alla à la rencontre du vieil homme. Celui qu'il avait connu à seize ans, celui qui depuis des années, était l'adversaire de son Seigneur. Il lui dit :

    « — Tout se passe comme prévu. »

    Pâris hocha de la tête et fronçant les sourcils, il remarqua la haute silhouette de son Seigneur courrir vers eux. Il soupira, ennuyé.

    « — Pâris ? Claque des doigts pour moi, veux-tu.
    — TU N'ES QU'UN TRAITRE ! »

    Un nouveau rictus déforma son beau visage, et son Seigneur, comme sa femme avant lui, mourra dans les flammes. Le vieil homme se mit à rire à côté de lui, applaudissant, des larmes de joies coulaient sur ses joues, il murmura :

    « — Je vais pouvoir la récupérer ! D'ailleurs... où est-elle ? Ça fait des années que je rêve de la revoir ! »

    Pâris soupira, il claqua encore des doigts, et lui aussi mourut. À quoi bon ? Lui aussi ne lui servait plus à rien. Au moins, grâce à ces abrutis, il avait une armée de fidèles, la peur était une arme redoutable. Un sourire victorieux aux lèvres, il avança vers le château, et d'un revers de la main, il éteignit l'incendie qui avait pris, il déclara d'une voix forte et impérieuse :

    « — Nos Seigneurs respectifs ne sont plus, cessez donc de vous battre ! Cessez de suivre deux incapables qui se battaient pour des choses aussi futiles qu'une femme ! Je serais à présent votre roi, je serais à présent votre Guide ! Ayez foi en ma force, ayez foi en moi et je vous promets que le monde sera à nous ! Nous entretuer serait chose idiote, suivez-moi à présent, je vous donnerai tout ce que vous désirez : gloire, puissance, argent... Mon nom à présent est Ashänor, Ashänor le Sorcier de Feu ! Ensemble, prenons le monde et ses richesses ! »

    Et c'est ainsi que le monstre sortit du corps de Pâris et s'empara de son âme ; l'adolescent, l'enfant un peu chouineur étaient morts. Ashänor, celui que tout le monde connait, était né, lui et ses caprices de grandeurs.

    Tuer ses parents et les personnes qu'il servait, lui avait permis de gagner son indépendance, et comprendre comment le pouvoir fonctionnait : il fallait du talent, un soupçon de charisme, et maîtriser un art dans lequel il excellait depuis tout petit, celui de l'hypocrisie. Il aurait pu tomber amoureux de son Seigneur, il aurait pu le servir durant de nombreuses années, si celui-ci ne l'avait pas pris à ses côtés pour une histoire de femme, coucher avec celle-ci, c'était aussi de la vengeance. Maintenant, Pâris devenu Ashänor avait une armée dans sa main, une armée qu'il parvenait à contrôler ; ses pouvoirs en fascinaient plus d'un, sa force suffisait à les faire taire, et sa cruauté grandissante était effrayante. Il devait avoir vingt ans, il était encore jeune, et pourtant, sa soif de pouvoir ne fut pas tarie, au contraire ; plus il en possédait, plus il sentait le besoin d'en avoir davantage. Il prit peu à peu les villages, les villes de son pays, comment procédait-il ? Lorsqu'il arrivait dans un village, il promettait aux habitants de servir leur intérêt, de les libérer du seigneur local, ce genre de jolies paroles qui séduisent... mais pas toujours, puisque lorsque ça ne fonctionnait guère, il passait aux menaces : soit on allait de son côté, soit on voyait sa maison être rasé d'un simple claquement de doigts. Et d'ailleurs, il parvint à avoir à ses côtés d'autres créatures curieuses, des Démons, des Loups-garous, même des Wiccans à qui il enseigna un peu de magie, rien de bien exceptionnel, il restait le seul maître à bord. Et un beau jour, il souilla les terres d'une grande ville, digérée par un roi malade, vieux et qui perdait de son influence. Une idée logée dans un coin de son esprit, Ashänor se présenta à lui. Son apparence ne ressemblait plus à celle qu'on lui avait autrefois connue, il ne paraissait plus fragile comme avant, ses cheveux avaient connu quelques originalités et il ressemblait à un grand chef de guerre, capable de tout pour saisir des joyaux. Dans le château du Roi, il posa genou à terre et lui présenta ses honneurs, déclarant d'une voix grave et suave :

    « — Je suis Ashänor, à votre service, sir.
    — Ashänor ? Le grand Ashänor ? J'ai entendu tant de choses sur vous !
    — Ah ? »

    Eh bien, sa réputation l'avait précédé ? Il fronça les sourcils, relevant la tête sur le vieil homme.

    — Oui... on dit qu'il y a une trentaine d'années de cela, que vous aviez affronté un monstre si puissant que vous en aviez perdu votre... mais vous avez vos deux bras ! »

    Pâris devenu Ashänor fit une légère grimace, et se relevant, il fit une révérence à son roi, un sourire au visage, son cerveau inventa rapidement un nouveau mensonge :

    « — Certes...
    — Et on vous décrivait un homme brun, sévère... plus âgé aussi.
    — Effectivement.
    — Il ne faut jamais se fier aux rumeurs. »

    Ashänor grimaça en montrant ses paumes, il s'avança vers le roi pour que celui-ci puisse me voir son visage. Il se pencha en avant, toujours en signe de soumission, enfin... une soumission feinte, évidemment.

    « — J'avais perdu mon bras... mais j'ai travaillé des années pour parfaire mes dons en magie.
    — Vous l'avez fait repousser ?
    — Pas vraiment... c'est un procédé complexe que je ne peux vous expliquer, au risque de vous ennuyer.
    — Vous êtes extraordinaire !
    — Je ne mérite pas tant de compliments. »

    Et alors... il se mit à écouter le Roi, à l'entendre lui raconter toutes les rumeurs qui couraient sur lui. Une grimace purement mesquine apparaissait de temps à autre sur ses traits, mais toujours à l'abri des regards, évidemment. Alors cet homme... son maître qu'il avait haï avait été quelqu'un ? Il en apprenait des nouvelles intéressantes ! Ashänor premier du nom n'était pas qu'un simple sorcier de bas étage, mais un homme qui avait eu un rôle politique important. Il avait connu la grandeur, il avait connu l'amour et les femmes, il avait eu une belle vie jusqu'au jour où... pour un pari stupide, il avait affronté un monstre contrôlé par un autre sorcier, on ne savait trop quoi, mais en plus d'avoir été vaincu, ce jour-là il avait perdu son bras. Et il avait disparu du jour au lendemain. Pâris devenu Ashänor voyait dans ce récit l'humiliation que son maître avait connue, lui ne ferait pas une erreur si stupide, néanmoins... il utilisa son nom pour établir une réputation de vaillants défenseurs des valeurs humaines. Il mentit au roi, lui racontant qu'il était capable de guérir tous les maux, et lui fit promettre de lui donner sa place, s'il y parvenait.

    Bien entendu, il ne chercha pas à guérir et l'homme mourut, et Ashänor s'empara d'un pouvoir encore plus grand. Le monde était à lui à présent, et son génie était connu de tous. Alliances, conflits et stratégies lui firent accéder aux royaumes d'à côté, son armée de fidèles s'agrandissait, presque considéré comme un dieu, on ne le voyait ne jamais vieillir, ne jamais faillir. Mais Ashänor était toujours déchiré par la soif de pouvoir, il pilla donc tua, s'empara de toutes les richesses du Tir Nan Og. Souilla le nom de son maître par le sang et la sournoiserie, les années passaient, sa puissance s'accumulait, si bien que le monde se pliait à ses volontés. Et il avait toujours su que c’en serait ainsi. Il était né pour régner, il était né pour être servi.

    Seulement... tout ça ne lui suffit plus, il voyait encore plus grand, il désirait posséder plus. Tout ça le poussait à être la victime de crise d'hystérie violente, seul, il cassait tout ce qui tombait sous ses mains, l'enfant s'ennuyait, l'enfant avait besoin de distraction. Il apprit bien sûr qu'on cherchait à le tuer, à la vaincre, mais ce n'était pas assez distrayant ! Ce monde lui appartenait certes, mais ce qu'il voulait à présent, c'était l'univers tout entier dans le creux de sa main. Il sentait quelque chose, une sensation de ne pas être complet l'envahir. Souvent, il posait sa main sur un grand miroir et se contemplait, cherchant à remplir ce vide qui l'écrasait. L'ennui l'accablait, le luxe perdait de sa saveur, il cherchait alors à le combler de toutes les façons possibles : sexe, argent, violence, mais rien n'y faisait. Rien ne pouvait changer l'ennui. Assit sur sa chaise à boire du vin, les années étaient passées et sa puissance ne l'amusait plus. Il n'avait plus rien à posséder, à quoi bon ? Plus personne ne lui servait à quelque chose ; il soupira, las, le menton dans sa main à contempler les flammes qu'il avait créées, la destruction ne lui donnait plus la moindre saveur. Une gamine ouvrit alors la porte de ses appartements, seule et pauvre, elle avait sur elle juste un gros livre, tenu dans ses petits bras. Ashänor haussa un sourcil, eh bien ? Cette enfant était-elle stupide au point d'entrer sur le territoire du lion ? D'une voix tremblante, fatiguée et morte de froid, elle se présenta, devenant la nouvelle distraction de l'homme.

    « — Amy ? C'est un joli nom. »

    Elle lui remit le livre et en l'ouvrant, Ashänor écarquilla les yeux ; c'était une suite de formules et de schémas complexes, même lui peinait à tout comprendre, et pourtant, il avait l'impression qu'on lui expliquait comment conquérir l'univers. Aussitôt, il demanda à la fillette qui elle était, lui accordant enfin de l'attention, et elle haussa les épaules, amnésiques. Dans l'ouvrage, il voyait sous son regard ébahi une sorte passage, un passage vers quoi ? Il ne le savait pas vraiment, il sentait juste une énergie l'habitait lorsqu'il caressait du bout des doigts le parchemin, une énergie magique, quelque chose qui lui donnait des petits frissons dans le dos. Pendant des mois, peut-être des années sans doute, Ashänor étudia l'ouvrage, Amy à ses côtés, toujours aussi perdue ; il essayait, tentait diverses choses sans se soucier du reste, l'enfant avait trouvé un autre jouet, il se sentait bien, à nouveau.

    Tournant les pages, un soir, il parvint à passer de l'autre côté. Il ne sut comment, il s'était juste coupé avec son couteau et pourtant, avec Amy dans ses bras, il se retrouva dans une maison, un vieux couple les observait. En sueur, Ashänor se releva en chancelant, tous ces objets... cette chose carrée au milieu du salon, qu'est-ce qui s'était ? Prenant peur, l'homme alla chercher un fusil, mais d'un geste de la main, Ashänor le brûla vif, et donna le même sort à la femme. Amy se réveilla en peur, et curieuse, elle sembla sentir quelque chose et sortit sans qu'il puisse l'en empêcher, un sentiment de fatigue le prenait, rendant ses jambes lourdes. Il observa alors la maison, touchant les objets, posant ses mains sur les corps pour récupérer un peu d'énergie, ses pouvoirs étaient curieusement moins puissants ici. L'odeur du sang lui était aussi plus forte. Mouillant ses lèvres, il avait l'impression que ses sens étaient plus faibles, tandis qu'il comprenait petit à petit ce qui s'était passé. Hargneux, il changea pourtant lorsqu'Amy vint attirer deux jeunes gens, des jumeaux... son visage ne marqua nulle surprise, et pourtant, il sentait cette énergie envahir son corps. S'il leur volait de l'énergie ? Sa puissance serait-elle plus grande ? Un regard, une pensée avec Amy lui permet de savoir qu'ils étaient. Ce jour-là, il les laissa pourtant s'enfuir, sentant leur pouvoir dans son être, voyant déjà l'utilisé qu'il pouvait en tirer.
    Et aussitôt qu'il était apparu dans ce monde, aussitôt il en disparut. Déboussolés, mais ravis, il lui fallut plusieurs années, plusieurs voyagent pour comprendre le mécanisme complexe du sortilège qui l'avait amené ici. Le goût de la découverte en lui, la sensation de nouveauté le rendit un peu plus vivant, il avait un nouvel objectif : Tir Nan Og ne lui suffisait plus, il voulait cet autre monde. Ces deux jumeaux possédaient quelque chose... ils venaient de chez lui, il en avait conscience, il le sentait. Et ils allaient lui servir à conquérir ce monde, cet « autre monde ». Leurs pouvoirs... il les voulait.

    Une nuit, il sentit une pointe dans son coeur, son estomac s'était resserré, quelque chose s'était passé. Laissant Amy dormir, il se releva et se dirigea vers son miroir, posant sa main dessus, il ferma les yeux et lorsqu'il les rouvrit, il se retrouva là où il avait voulu : prés d'eux. Cependant, Ashänor ne se montra pas tout de suite, fixant ces deux beaux jumeaux coucher ensemble, c'était donc ça... le vice, la luxure, l'inceste... cette énergie noire et pourtant si désirable l'avait réveillé, l'avait électrifié. Il ne se montra pas un instant, se contentant d'observer cette scène diablement excitante. Quoi de mieux comme spectacle d'observer des jeunes gens tomber ? Un sourire pervers au visage, Ashänor attendit qu'ils terminent pour se montrer. Cette erreur... il l'aurait béni s'il avait pu ! Alors... Ashänor le leur expliqua, tenta de les reprendre, de les posséder, mais Layth et Zyed ne semblèrent pas prêt à accepter. Et pourtant, il avait essayé ! Malgré son calme, Ashänor avait été prêt de laisser libre court à sa colère, pourtant un regard lui avait permis de tout savoir sur eux. Et il aurait donné cher pour arracher à Zyed son don, il aurait coupé une de ses mains pour les avoir, mais sur les deux... il put en avoir un. S'il ne put les amener à Tir Nan Org, il attendit que Layth vienne à lui. Il savait déjà ce qu'il s'était passé, quelques paroles bien placées, et Layth fut tenté par le Mal. Deux jumeaux qui allaient un jour ou l'autre finir par s'entretuer grâce à une petite supercherie dont Ashänor avait le secret, un nouvel acte qui l'amusait, à présent, Tir Nan Org était à lui, à présent, ce monde-là était à lui. Layth avait appelé le Mal et le Mal était venu prendre son âme.

    L'Île de Vélès s'ouvre présent à Ashänor, un Nouveau Monde, de nouveaux horizons... un nouveau territoire à conquérir.


    Autres : Autres particularités à noter
|| Le joueur ||



Âge : J’ai un millénaire, si si ! J’vous jure… mais j’en parais 19 ans, ouais, ma crème anti-ride est géniale !
Serez vous actif: Quand vous voulez, où vous voulez !
Comment avez vous connu le forum? Hum… alooors… ça va me demander un effort de mémoire, parce qu’il m’semble que j’connais votre fofo à la base, avec le partenariat d’Ishrar, seulement, Shy m’a proposé Asha et m’voili, voilou, etc…
Commentaires sur le forum?: Vraiment pas mal, intéressent, toussa ^^



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Ezerial Whites

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MessageSujet: Re: Ashänor pour vous servir (ou pas)   Dim 24 Avr - 19:01

Coucou

Bon après avoir convenu avec toi du perso.

J'ai donc tout lu l'histoire (que j'ai adoré) et ton perso aussi vive lui et je suis contente que tu le joues j'espère que ca donnera ce qu'on pensait de lui ^^.

Sinon bon y'a quelques petites fautes et répétitions mais globalement tout est parfait et vu que j'ai les pleins pouvoirs sur ce coup là alors je te souhaite la bienvenue parmi nous !!

Amuses toi bien surtout

Gros bisous!!

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Ashänor pour vous servir (ou pas)

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